Enceinte à pression pour modules étalon Ha

par | 7 octobre 2026 | AstroBricolage

Nous savons que les étalons à air peuvent être réglés par pression, les Lunts avec leur pressure tuner intégré par exemple.

Les Lunts 40 sont conçus pour fonctionner comme instruments frontaux, dans des conditions atmosphériques « normales », c’est à dire sans mise sous pression.

Cependant, certains de ces étalons sont presque sur le centre bande Halpha dans ces conditions, ce qui les rend difficiles à utiliser dans certains cas.
Par exemple, en altitude. Ou lors de montages arrières dans un flux optique non collimaté (A f30 pour se référer aux montages des étalons en mica).

La solution standard consiste à incliner des étalons (fortement) décalés sur le rouge. Cette technique a le désavantage de dégrader les performances des étalons.
Une alternative consiste à prendre des étalons (fortement) décalés sur le rouge et mettre en oeuvre un système de pression mécanique.
D’expérience, toucher aux lames d’étalons peut induire des déformations locales et affecter les performances des étalons.
L’exemple le plus marquant est le système de réglage des PST.

 

Je m’oriente vers un contrôle en pression.
Voici une enceinte à pression, conçue pour recevoir différents types d’étalons.

 

 

Elle est imprimée en 3D, d’où certaines particularités.
Sachant Richard fin mécanicien, nous avons discuté du concept de construction.
Richard a proposé les finesses qui améliorent le concept: raidisseurs pour augmenter la résistance à la pression, bords arrondis, étanchéité, etc.

 

 

En guise de hublot, une fenêtre optique est montée de chaque côté. Il y a 3 O-rings par fenêtre.

 

 

La chambre est principalement conçue pour les Lunt 35 et 40, éléments dimensionnants.

 

 

Grâce à un adaptateur, la chambre peut accueillir d’autres étalons, ici le module étalon d’un lunt LS50.

 

 

Ou un PST, du moins elle est conçue pour pouvoir travailler en dépression.

 

 

Voici l’unité assemblée.

Un soin particulier a été apporté de la conception à l’assemblage afin d’obtenir une étanchéité maximale.
Elle a été testée jusqu’à 20 PSI (~1.4 bar).

 

Au premier test, l’enceinte n’était pas parfaitement étanche.
Il semble que le matériau utilisé, de l’ABS renforcé en fibre de verre, ne peut pas garantir l’étanchéité.
La pratique montre que le point le plus critique est l’O-ring principal qui est localisé entre les deux pièces principales.
Il faut se remémorer que les pièces mises en oeuvre sont imprimées en 3D. Leur surface peut ne pas être parfaitement lisse.
De plus, l’impression 3D réclame de travailler en angle sur certaines parties pour minimiser les zones horizontales à l’impression (Une imprimante ne peut pas déposer de la matière dans le vide).
Les gorges des O-rings sont conçues en angle, ce qui n’est pas un concept mécanique usuel.
Avec un peu de soin au montage, l’étanchéité peut être parfaitement gérée.

 

 

 

Pour l’alimentation en pression, voici un prototype de version « portable », c’est-à-dire sans réservoir d’air comprimé.
Un peu de pneumatique: un mini compresseur, un filtre, un réducteur de pression et un manomètre + des prises mobiles de pression pour ajouter au vol un manomètre de précision.

 

 

Est-ce que ça fonctionne?

Voici le résultat de la recherche de la pression de fonctionnement optimale d’un étalon Lunt LS50, extrait de sa lunette et monté dans l’enceinte à pression au moyen d’un adaptateur.
Le test est réalisé par interférométrie avec une source d’hydrogène.
Le niveau de pression a été ajusté par paliers de 0,5 PSI (~35 mbar).

Même une variation de 0,5 PSI a un impact important sur la forme du pic central (d’interférence). C’est un outil de réglage très fin.
La pression peut être ajustée avec précision à n’importe quel niveau (dans les limites de conception de l’enceinte et de fonctionnement du compresseur), ici de 8,0 à 11,0 PSI (~550 à ~760 mBar).
Voici les profils des pics centraux pour ces pressions.

 

La pression optimale (sur Ha centre bande) lors de ce test s’est avérée être de 8,5 PSI à une pression atmosphérique de 992 mBar.
Il convient de noter que l’étalon a été préalablement testé dans son assemblage optique original, c’est-à-dire dans un faisceau collimaté, et que le meilleur compromis pour l’imagerie a été obtenu à 8,5 PSI à une pression atmosphérique de 987 mbar.

 

 

Concernant le contrôle de la pression, j’ai finalement opté pour un réservoir d’air.
L’objectif est la mobilité. Deux sources d’alimentation en air comprimé sont possibles à ce stade :
1° Un mini-compresseur avec une alimentation 12 V/2 A ou un adaptateur secteur.
2° Un gonfleur de pneus portable, typiquement sur batterie.

Le principe de régulation pneumatique est le même que pour la version de base.
Comme illustré, un double contrôle de pression est mis en œuvre ici afin de permettre le contrôle de deux étalons individuels.
Il s’agit encore d’un prototype réalisé avec le matériel de connectique disponible sous la main.

Le contrôle de la pression est très précis, inférieur à 0,1 PSI (< 7 mBar).

 

 

Les images réalisées avec ce système suivront.

Alexandre
1er semestre 2026.

10/10 - (3 votes)

0 commentaire

Groupe Astronomie de Spa
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.